Fauteuil Cabriolet – Lauréat French Design 2026 | Guillaume Giraud Ébéniste

Fauteuil Cabriolet – Lauréat French Design 2026 | Guillaume Giraud Ébéniste

Le 9 avril 2026, sous la nef du Grand Palais, quelque chose d’inattendu s’est produit pour moi. Le fauteuil Cabriolet — une pièce à laquelle j’ai consacré des semaines de travail, de précision et de passion — figurait parmi les 100 lauréats de la 4ème édition du prix Le French Design 100. Une reconnaissance qui dépasse le simple cadre d’un concours. C’est la validation d’une aventure humaine et artisanale hors du commun.

Une rencontre improbable entre trois univers

Tout commence par une idée audacieuse portée par Jean-Baptiste Auvray, designer et fondateur de l’Agence Faire : transposer le savoir-faire de la carrosserie automobile vers le monde du mobilier. Réunir deux artisanats qui ne se croisaient jamais. Faire dialoguer le métal et le bois dans une même pièce sculpturale.

Pour concrétiser cette vision, il fallait deux artisans capables de relever un défi technique inédit. C’est ainsi que je suis entré dans l’aventure Cabriolet, aux côtés de Romain Vigouroux, tôlier-formeur d’exception passé par les plus grands ateliers d’Europe et fondateur de Métal Passion basé au sud du lac d’Annecy. Deux métiers, deux matières, une seule ambition : créer quelque chose qui n’existait pas encore.

Ce qui m’a immédiatement séduit dans ce projet ? L’idée de sortir de ma zone de confort. En tant qu’ébéniste, je travaille le bois depuis des années. Mais ici, il ne s’agissait pas simplement de réaliser un piétement. Il fallait que mon travail entre en résonance avec une assise en aluminium martelé à la main — une matière que je ne maîtrisais pas, mais que j’allais devoir apprendre à écouter.

Le dialogue entre l’aluminium martelé et le noyer massif — là où mon travail d’ébéniste rencontre celui du tôlier-formeur. © Mez Photographie

Mon défi : faire parler le noyer massif face à l'aluminium

Ma contribution au fauteuil Cabriolet, c’est le piétement en noyer massif. En apparence, cela peut sembler simple. En réalité, c’est l’un des défis techniques les plus exigeants que j’aie eu à relever.

Le dialogue entre l’aluminium martelé et le noyer massif — là où mon travail d’ébéniste rencontre celui du tôlier-formeur. © Mez Photographie

La méthodologie de construction du piétement s’inspire des bucks des carrossiers — ces gabarits en bois utilisés par les carrossiers automobiles pour former leurs pièces métalliques. Une référence directe à l’univers qui a inspiré tout le projet. Il fallait que la structure en noyer soit à la fois robuste, précise au millimètre, et visuellement en harmonie avec une assise en aluminium dont les courbes sont organiques, vivantes, imparfaites dans leur perfection.

Travailler en binôme avec Romain a été une expérience enrichissante. Chaque décision sur le piétement impactait la perception de l’assise, et inversement. Nous avons dû apprendre à nous parler, à nous comprendre, à ajuster nos gestes respectifs pour que la pièce finale soit cohérente. C’est ça, la vraie collaboration artisanale.

« L’idée de transposer un savoir-faire rare vers le domaine du mobilier, pour faire rencontrer des artisanats qui ne se mélangeaient pas, a été le leitmotiv du projet. »

— Jean-Baptiste Auvray, Agence Faire

Un exploit collectif

Pour donner une idée de l’ampleur du travail : la seule assise en aluminium a nécessité plus de 70 heures de façonnage artisanal à la main par Romain. Chaque coup de marteau, chaque galbe, chaque reflet de cette surface argentée est le fruit d’une patience et d’une maîtrise rares.

De mon côté, le piétement en noyer a demandé une précision d’ébéniste absolue. Les assemblages, les proportions, la finition du bois — tout devait être à la hauteur d’une assise sculptée avec autant de soin. Il n’était pas question que le bois soit “juste un support”. Il devait être un partenaire à part entière.

Le dialogue entre l’aluminium martelé et le noyer massif — là où mon travail d’ébéniste rencontre celui du tôlier-formeur. © Mez Photographie

Le French Design 100 : une distinction qui récompense tout un écosystème

Le prix Le French Design 100 (Le FD100), organisé par Le FRENCH DESIGN by VIA, est la seule distinction française récompensant les 100 projets d’architecture d’intérieur et de design qui contribuent au rayonnement de la création française à l’international. En quatre éditions, il s’est imposé comme une référence incontournable dans la profession.

ÉditionAnnéeLieu de la cérémonie
1ère édition2019Musée des Arts Décoratifs – Palais du Louvre
2ème édition2022Palais de l’Élysée
3ème édition2024Salon Maison & Objet
4ème édition2026Grand Palais – Foire Art Paris

Ce qui rend ce prix particulièrement précieux à mes yeux, c’est sa philosophie : il ne récompense pas seulement le designer. Il célèbre l’ensemble de l’écosystème — les artisans, les fabricants, tous ceux dont les mains et le savoir-faire donnent vie à une vision. Cette année, c’est notre trio — un designer, un tôlier-formeur et un ébéniste — qui a été honoré ensemble.

Conclusion

Le fauteuil Cabriolet restera l’une des aventures les plus marquantes de ma carrière d’ébéniste. Une aventure née d’une vision audacieuse, portée par trois personnes qui ont choisi de faire confiance à leur savoir-faire et à la force de la collaboration.

Si vous souhaitez en savoir plus sur mon travail, mes projets ou simplement échanger sur l’ébénisterie et le mobilier d’exception, n’hésitez pas à me contacter. C’est toujours avec plaisir que je parle de mon métier — et des belles rencontres qu’il génère. 🙏

📷 Photographies : © Mez Photographie

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